Absolute Batman, tome 3 met Bruce Wayne face à des ennemis qui débordent des rues de Gotham. Que cache vraiment le Joker ? Comment l’Arche M est-elle devenue un cauchemar ? Et jusqu’où Batman ira-t-il pour arrêter Poison Ivy ? Scott Snyder multiplie les révélations, avec des dessinateurs qui donnent chacun une autre couleur à l’horreur. Le résultat est parfois chargé… mais difficile à lâcher.

5 points essentiels d’Absolute Batman, tome 3
- Le Joker est la menace la plus inquiétante de ce tome.
- L’histoire de l’Arche M éclaire sur les horreurs de Gotham.
- Wonder Woman aide Bruce à affronter les conséquences de sa guerre contre Bane.
- Poison Ivy bénéficie d’une réinvention aussi spectaculaire que tragique.
- La multiplication des intrigues finit par bousculer le rythme du récit.

Absolute Evil #1 : les ennemis de Batman passent à table
Ra’s al Ghul, Veronica Cale, Hector Hammond, Elenore Thawne et le Joker se réunissent. Autant dire que la liste des invités ne promet rien de bon. Avec Absolute Evil #1, Al Ewing relit les différentes séries de l’univers Absolute et montre des puissants décidés à reprendre la main. La scène la plus forte revient au Joker. Dès qu’il parle, on comprend qui impose vraiment sa vision aux autres. Le numéro remplit donc efficacement son rôle d’ouverture. Pourtant, cette réunion ressemble parfois à un diaporama pour super-vilains. Giuseppe Camuncoli et Stefano Nesi rendent les échanges lisibles, mais peinent à donner du mouvement à toutes ces explications. Voilà un épisode utile pour saisir l’ampleur de la menace, moins mémorable comme aventure à part entière.

Absolute Batman #15 : le Joker réécrit sa propre légende
Dans Absolute Batman #15, Scott Snyder s’attaque enfin à l’histoire du Joker. Et quelle histoire ! Alfred raconte à Bruce ses théories concernant Joseph « Jack » Grimm, tandis qu’un homme inquiétant explore une île isolée. Les deux récits avancent ensemble et dévoilent peu à peu un personnage obsédé par son image. Le Joker possède ici la fortune que Bruce Wayne n’a jamais eue. Son influence lui permet même de refaçonner le passé pour se présenter sous un jour avantageux. Jock donne à cette origin story une atmosphère franchement malsaine. Ses planches reviennent sur les mêmes images, puis en révèlent progressivement l’envers. Le procédé fonctionne à merveille. En revanche, Batman apparaît si peu que les lecteurs impatients d’assister à leur affrontement devront attendre… un prochain tome. Ce numéro préfère installer la peur. Et il y réussit sacrément bien.
Absolute Batman Ark M Special #1 : l’asile ouvre ses portes sur l’horreur
Après le Joker, Absolute Batman, tome 3 remonte aux origines de l’Arche M. Scott Snyder et Frank Tieri racontent l’histoire d’Amadeus Arkham, de son enfance tragique à la vente de son établissement. Au départ, l’homme veut aider ses patients. Puis le récit révèle ce qui se cache derrière cette ambition. Joshua Hixson excelle dans cette lente descente. Ses images froides et ses scènes troublantes installent un malaise durable, sans multiplier les effets faciles. Le rythme pourra sembler lent à qui attend une bagarre de Batman. Pourtant, cette parenthèse donne davantage de poids à l’Arche M et aux menaces qu’elle abrite. Sa dernière partie rattache habilement ce passé à la série principale. Soudain, le nom du lieu fait bien plus peur.

Absolute Batman #16 : Bruce Wayne et Diana ensembles
Scott Snyder ramène d’abord Bruce au travail et auprès de ses amis. Après le tome 2 d’Absolute Batman, leurs blessures pèsent sur chaque échange. Ce focus portée à ces conséquences rend Absolute Batman #16 particulièrement touchant. Puis Wonder Woman entraîne Batman dans une aventure mythologique, bien loin de son quotidien à Gotham. Le contraste aurait pu paraître forcé. Au contraire, il rappelle combien Bruce reste démuni face à certains problèmes, malgré ses poings et son entêtement. Nick Dragotta raconte tout cela avec une précision remarquable. Il accorde autant de soin à de petits détails qu’aux scènes principales. Ses cases nombreuses donnent du rythme aux discussions, puis ses grandes images libèrent l’action. Voilà probablement le numéro le plus équilibré de l’album.

Absolute Batman #17-18 : Poison Ivy pousse l’horreur trop loin
Avec Absolute Batman #17 et 18, Pamela Isley devient l’une des figures les plus dérangeantes de cet univers. Scott Snyder lie sa transformation à une histoire douloureuse, puis lâche Bruce au milieu de créatures végétales cauchemardesques. Eric Canete s’en donne à coeur joie : ses monstres impressionnent, et son Batman équipé de lames paraît prêt à tout découper. Derrière le spectacle, le personnage de Poison Ivy conserve heureusement une part tragique. Le récit pose aussi une question plus gênante : Bruce peut-il combattre ces monstres sans leur ressembler ? Malheureusement, les deux épisodes veulent suivre trop de pistes à la fois. Entre Martha Wayne, la Cour des Hiboux et les autres intrigues de Gotham, certains passages donnent le tournis. Le dessin de Bruce paraît également parfois trop juvénile. Malgré ces réserves, cette courte histoire frappe fort et laisse un Batman dangereusement changé.

Verdict : faut-il lire Absolute Batman, tome 3 ?
Oui, surtout si vous aimez voir la mythologie de Batman prendre des chemins inquiétants. Le Joker domine la première partie, l’Arche M gagne une véritable histoire et Poison Ivy offre un final monstrueux. Entre les deux, l’épisode avec Wonder Woman rappelle que Bruce reste un homme entouré de gens qu’il peut perdre. Absolute Batman, tome 3 souffre d’un éparpillement général, avec cette succession d’unitaires en première partie et un trop plein de pistes dans sa dernière ligne droite. Mais ce défaut accompagne aussi son ambition : faire de Gotham une ville où chaque révélation rend la suivante plus menaçante.

Absolute Batman tome 3 est un comics publié en France par Urban Comics. Il contient : Absolute Batman Ark M Special #1 + Absolute Batman #15-18 + Absolute Evil #1