Old Man Hawkeye : c’est avec les vieux arcs qu’on tire les meilleures flèches ! [critique]

(image © Marvel Comics)

Un vieux super-héros déchu dans un monde dystopique où les super-vilains ont pris le pouvoir ça vous dit quelque chose ? Le fameux Old Man ! Mais pas Logan, non cette fois-ci c’est le Old Man Hawkeye et il sera implacable, il aura sa revanche ! Une vraie belle réussite !
■ par Dragnir

 

Old Man Hawkeye (image © Marvel Comics)

 

Il y a 45 ans, les super-vilains ont gagné et les super-héros sont morts ! Depuis, l’Amérique est sous la férule du président Crane Rouge qui a distribué des territoires au Caïd, à Fatalis et à la famille de Hulk composée de dégénérés. Oh, il reste bien quelques anciens bons samaritains mais ce sont des vieillards qui ont été vaincus et qui se terrent de peur d’être massacré à leur tour. Clint Barton alias Hawkeye est l’un d’eux. Il est rongé par la tristesse d’avoir tant perdu. D’abord, ses amis morts sous ses yeux alors que lui a survécu. Mais aussi sa famille qu’il a délaissée et qui désormais le rejette. Alors quand il apprend qu’il va bientôt perdre la vue suite à un glaucome, il se lance dans une sa dernière vendetta qu’il a bien trop longtemps repoussé : les Thunderbolts vont payer pour leur trahison et leurs crimes !

 

Old Man Hawkeye (image © Marvel Comics)

 

Faire du neuf avec du vieux

En août 2008, les lecteurs américains découvraient un univers ultra-violent et complètement barré écrit par Mark Millar et dessiné par Steve McNiven. Le Old Man Logan allait très rapidement devenir culte en bousculant les codes avec une schématique de road trip pourtant assez classique. Avec cette préquelle qu’est Old Man Hawkeye (l’action se passe 5 ans avant Old Man Logan) on pouvait donc craindre une redite. Rassurez-vous : ce n’est absolument pas le cas. L’essentiel a bien sûr été préservé : les codes de cet univers post-apocalyptique, le petit côté Mad Max ainsi que la violence inhérente à ce genre de monde. Mais cette fois-ci , on ressent bien davantage l’inspiration très western. Ici Clint (ça pourrait d’ailleurs très bien être Eastwood) estime qu’il n’a plus rien à perdre. Il va partir en quête d’une vengeance qui le ronge depuis la mort de ses coéquipiers. Clint Barton va bien sûr se retrouver avec un « shérif » particulièrement pourris et psychotique à ses trousses. Et sincèrement, il ne manque plus que la musique d’Ennio Morricone pour ambiancer le tout.

 

Old Man Hawkeye (image © Marvel Comics)

 

Un univers qui s’étoffe encore

Donc si le Old Man Logan nous éclairait sur la fin des X-Men, ce Old Man Hawkeye nous donne quelques détails sur le massacre des Avengers et ça n’en donne que plus de saveur et de cohérence à cet univers de Terre-807128 . Il y a aussi un petit côté anciens combattants qui se retrouvent mais se connaissent si bien qu’ils savent déjà que tout cela va fini par la mort de l’un ou de l’autre. Des liens comme seuls des adversaires de longue date peuvent en avoir, à l’instar de Moloch et du Comédien dans ce chef-d’œuvre d’Alan Moore qu’est Watchmen. Une touche de nostalgie donc mais bien dosée et qui sert l’histoire et son aspect dramatique. Old Man Hawkeye est donc un récit plein d’action et de fureur, on ne peut plus dynamique que nous offre Ethan Sacks et l’on peut même dire que l’auteur nous gâte. Aucun temps mort, des combats épiques tous azimuts, des clins d’œil sur le devenir de tel ou tel personnage dans cet univers et pourtant, une réflexion sur la perte et les regrets. C’est franchement du bel ouvrage. Marco Checchetto vient en plus de cela nous achever avec un trait remarquable, des dessins rien de moins que superbes et une narration graphique tout à fait intelligente. Encore une fois l’archer touche sa cible et ce Old Man Hawkeye met dans le mille ! ■

Couverture d’Old Man Hawkeye tome 1 (image © Panini Comics)




A propos Dragnir 40 Articles
Dragnir , c'est 120 kilos d'amour des comics ! Lecteur depuis plus de 40 ans, il est désormais muni d'un cal au pouce de plus de 9 cm a force de tourner les pages des comics indépendants voire underground US ou UK dont il s'est fait une spécialité.